NORWAY

EXTRAIT

LE RÊVE BLEU

Elle plongea dans l’eau glacée, la tête la première. Elle fut saisie par la cruauté avec laquelle l’élément liquide lui piquait les chairs. La température bien en dessous du zéro entrait par tous les pores de sa peau. Elle nageait pour ne pas succomber à la perte de conscience et pour favoriser le réchauffement de ses capacités musculaires.

S’enfonçant plus avant en apnée totale, elle dépassa les dix mètres de profondeur. Son souffle lui manquait, sa vue se brouillait. Allait-elle mourir ici ? Non, c’était hors de question ! Il fallait rebrousser chemin et remonter au plus vite.

Son regard fut néanmoins attiré par un éclat de lumière venu des profondeurs à une centaine de mètres. Un instant irrésistiblement aimanté par cet objet, elle voulu continuer, mais ses poumons menaçaient d’exploser… Alors dans un désespoir absolu, elle suivit sa conscience qui la guidait vers l’oxygène garanti au dessus des flots.

Dépitée mais perçant d’un coup la surface, elle emplit sa poitrine d’un air aussi pur que glaçant.

Sa respiration reprit un rythme normal après de grandes goulées inspirées profondément qui lui brûlaient la trachée au passage de l’oxygène gelé.

Ses muscles tétanisés continuaient d’évoluer dans le bras de mer étroit. Sa vision et ses facultés motrices et psychologiques revinrent très vite.

Tout en nageant sur place elle distingua de grandes falaises tout autour d’elle.

Son cerveau imprima les images avant qu’elle ne regagne le rivage…

– Bérénice, ouh ouh Bérénice ?

Une voix dans la brume, lui parlait, mais elle ne savait pas d’où elle venait, elle avait beau regarder partout, il n’y avait personne… Mais d’où venait cette voix ?

– Bérénice ? il faut te lever, il est dix heures, je te signale qu’on a des invités ce midi.